
C’est encore une de ces soirées où la pluie clermontoise fouette les vitres de ma cuisine. Je suis assise là, devant mon troisième café froid, le regard un peu vitreux fixé sur une grille Excel qui refuse obstinément de se trier comme je le voudrais. Si vous m'aviez dit il y a six mois que je passerais mes vendredis soir à essayer de parler à mon ordinateur, je vous aurais ri au nez.
Avant de plonger dans le vif du sujet, je préfère être honnête avec vous : ce carnet contient quelques liens affiliés. Si vous craquez pour une ressource en passant par eux, je reçois une petite commission, sans que cela ne change votre prix final. Je ne vous parle que des outils qui m'ont vraiment aidée à ne pas balancer mon ordinateur par la fenêtre pendant mes sessions nocturnes.
Le ras-le-bol du copier-coller sans fin
Tout a commencé un soir de novembre particulièrement gris. Au bureau, ma semaine avait été une succession de « copier-coller » entre des dizaines de classeurs. Vous connaissez cette sensation ? Celle où votre cerveau finit par s'éteindre, où vous devenez un simple prolongement de votre souris. J'avais l'impression d'être une machine, mais une machine lente et faillible. Une erreur de ligne, et tout mon rapport de fin de mois tombait à l'eau.
J'ai réalisé qu'Excel a ses limites. Même s'il peut techniquement gérer jusqu'à 1048576 lignes et 16384 colonnes par feuille, essayer de manipuler des fichiers un peu lourds à la main, c'est comme essayer de vider l'Allier avec une petite cuillère. C'est là que j'ai commencé à entendre parler de Python. Pas pour devenir ingénieure, mais juste pour que mon ordinateur fasse le travail ingrat à ma place. J'ai alors commencé mon aventure en suivant la Formation au langage Python, qui a été mon véritable point de départ pour sortir de ce cycle infernal.

La découverte : Python comme un sous-chef de cuisine
Vers la fin de l'hiver, j'ai commencé à comprendre que Python n'était pas un logiciel magique, mais plutôt un langage. Pour moi, c'est devenu une sorte de sous-chef. Je lui donne une recette (mon code), et il prépare les ingrédients (mes données). J'utilise la version 3.12 de Python, et j'ai découvert qu'il existe des bibliothèques — des sortes de livres de recettes tout prêts — comme openpyxl, spécialisées dans la lecture de fichiers Excel.
L'idée que je pouvais demander à un script de parcourir 50 fichiers, d'en extraire juste le total de la cellule B12 et de tout regrouper dans un nouveau document me paraissait totalement folle. C'était un peu comme si j'apprenais à déléguer les corvées de ménage à un robot invisible. Mais avant d'en arriver là, j'ai dû passer par quelques moments de solitude intense, comme je le racontais dans mon carnet sur comment apprendre la programmation Python après le travail à la maison.
Le mur technique et l'erreur qui tue
Il y a environ trois semaines, j'ai bien failli tout arrêter. J'essayais d'installer ma première bibliothèque pour manipuler mes tableaux. Mon écran m'a hurlé dessus avec un message rouge : « ModuleNotFoundError ». J'ai paniqué. Je me suis demandé si j'étais vraiment faite pour ça ou si j'allais juste finir par corrompre tous mes fichiers de boulot par accident.
Le pire est arrivé un soir où j'ai passé deux heures à chercher pourquoi mon code ne marchait pas, pour réaliser que j'avais écrit « Excel » avec une minuscule dans le nom du fichier à l'intérieur de mon script. Deux heures pour une majuscule ! Le ronronnement du frigo dans le silence de la cuisine et l'odeur de café réchauffé m'accompagnaient dans ma détresse. C'est dans ces moments-là qu'on se sent très petite face à la machine. J'ai même failli tout fermer pour aller voir du côté de JavaScript, mais je me suis ravisée : je voulais dompter mes tableaux, pas créer des sites web.

Le déclic pour les gens du chiffre
En discutant avec un ami, j'ai compris une chose cruciale que les guides pour développeurs oublient souvent. Dans mon domaine, l'audit, on ne peut pas juste « écraser » des données. Si un script Python prend mon fichier et me ressort juste les valeurs finales, j'ai perdu toute ma traçabilité. Or, on a besoin de garder les formules complexes intactes.
C'est là que j'ai appris à différencier les outils. Certains scripts standards « cassent » les formules Excel pour ne garder que le résultat. Pour une comptable, c'est un cauchemar. J'ai dû apprendre à utiliser Python pour qu'il agisse comme une main invisible qui déplace des blocs sans casser les liens internes. C'est bien plus délicat que ce qu'on lit dans les tutoriels génériques, mais c'est là que le gain de temps devient réel.
La petite victoire qui change tout
Et puis, le moment est arrivé. J'ai fini d'écrire mon petit script, j'ai vérifié trois fois mon indentation (une règle de grammaire Python que j'ai mis du temps à digérer, comme je l'explique dans mes astuces pour comprendre l'indentation), et j'ai appuyé sur « Entrée ».
J'ai ressenti un petit frisson dans les doigts quand le curseur a clignoté une fraction de seconde avant d'afficher : « Process finished with exit code 0 ». J'ai ouvert mon dossier, et un nouveau fichier Excel était là. Tout propre. Toutes mes données triées, mes formules préservées, le tout en moins de deux secondes. J'ai pu fermer mon ordinateur bien plus tôt que prévu et enfin profiter de ma soirée.
Je ne suis toujours pas une experte, loin de là. Je ne comprends pas encore la moitié de ce que je fais quand je m'aventure dans les fonctions complexes, et je passe encore beaucoup de temps à consulter la documentation pour savoir comment installer Python sur Windows sans faire de bêtises. Mais cette petite victoire m'a prouvé que même une débutante assise à sa table de cuisine peut reprendre le contrôle sur ses outils de travail. Si vous aussi vous en avez marre de passer vos soirées sur des tableaux sans fin, je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à la Formation au langage Python. C’est un investissement en temps, c'est sûr, mais quel bonheur de voir la machine travailler pour nous.