
Un soir de novembre à Clermont-Ferrand, face à ma nappe de cuisine, je fixe un curseur qui clignote comme un reproche alors que j'essaie juste de comprendre pourquoi mon texte ne s'affiche pas. La pluie tape contre les vitres, le bureau me semble loin, mais ma tête est encore pleine du brouhaha des couloirs de l'hôpital.
Avant d'aller plus loin, je préfère être honnête : ce carnet contient quelques liens affiliés. Si vous passez par eux pour un achat, je reçois une petite commission, sans que cela ne change votre prix. Je ne mentionne ici que les ressources, comme la Formation au langage Python, qui ont réellement peuplé mes soirées de pratique ces derniers mois.
Le chaos des horaires et le premier script
On lit partout qu'il faut une routine stricte pour apprendre le code. « Codez chaque soir à 20h », disent les guides. Pour moi, c'est tout simplement impossible. En tant qu'infirmière, mes journées sont des puzzles : parfois je finis à 14h, épuisée, parfois je ne rentre qu'à 21h avec les jambes en coton. Apprendre la programmation Python après le travail à la maison, c'est d'abord accepter que ma régularité ne ressemblera jamais à celle d'un employé de bureau.
Au début, je pensais que Python était un truc de mathématiciens en sweat à capuche. En réalité, le nom vient de la troupe d'humoristes Monty Python, ce qui rend le langage tout de suite moins intimidant, un peu comme une blague qu'on essaierait de comprendre. J'ai commencé avec des concepts de base, mais mon cerveau en compote après douze heures de service refusait d'imprimer. Le moment le plus fort ? Cette décharge d'adrénaline ridicule et géniale quand le message 'Hello World' s'affiche enfin correctement sur mon écran noir. On se sent soudain capable de piloter une fusée, alors qu'on a juste demandé à une machine de dire bonjour.

Quand le frigo devient mon seul témoin
Mi-février, en pleine période de froid, mes sessions se sont stabilisées. J'ai appris à savourer le ronronnement du frigo dans le silence de la cuisine et la chaleur de ma tasse de thé entre mes mains pendant que le code charge. C'est mon sas de décompression. J'ai vite compris que débuter en Python quand on n'est pas développeur demande une patience infinie envers soi-même.
Un soir, j'ai passé quarante minutes à pleurer intérieurement sur une erreur de syntaxe pour réaliser que j'avais confondu un point et une virgule. Le terminal me criait dessus en rouge. C'est là que j'ai découvert que Python est très pointilleux sur la forme. Par exemple, là où d'autres langages utilisent des accolades un peu partout, Python utilise l'indentation obligatoire. C'est comme ranger ses couverts : chaque chose doit être à sa place pour que le repas (ou le code) soit servi. On recommande d'ailleurs souvent d'utiliser exactement 4 espaces pour chaque niveau d'indentation. Si vous en mettez trois ou cinq, tout s'écroule. C'est frustrant, mais cela oblige à être ordonnée, ce qui n'est pas plus mal quand on a les idées un peu floues par la fatigue.
La quête de la lisibilité
Fin avril, j'ai commencé à m'intéresser à ce qu'on appelle la PEP 8. Derrière ce nom barbare se cache le guide de style du langage. On y apprend par exemple que la longueur maximale recommandée d'une ligne de code est de 79 caractères. C'est un peu comme une règle d'écriture pour que tout le monde puisse se relire sans avoir à faire défiler l'écran jusqu'à Lyon. J'ai aussi appris à consulter régulièrement un tableau des messages d'erreur Python fréquents, car comprendre pourquoi ça casse est souvent plus instructif que de réussir du premier coup.
Ma grande victoire est arrivée il y a deux semaines. J'ai réussi à écrire un petit script pour automatiser le tri de mes photos de vacances éparpillées sur mon bureau. Rien d'incroyable pour un pro, mais pour moi, c'était de la magie. Voir les fichiers se ranger tout seuls entre le fromage et le dessert, sans que le terminal ne m'insulte, m'a donné une confiance folle. J'ai utilisé la bibliothèque standard de Python, qu'on dit souvent livrée avec « batteries included » (piles incluses) tant elle contient déjà d'outils sans rien avoir à installer de plus.

Regarder vers l'avant (entre deux gardes)
Depuis la fin de l'automne dernier jusqu'à ce début d'été, mon rapport à l'ordinateur a changé. Je ne suis plus une simple utilisatrice passive. Je me demande parfois si mes collègues se doutent que je passe mes soirées à parler à une machine au lieu de regarder la télé. Ils me voient arriver le matin avec mes cernes, pensant sans doute que j'ai veillé devant une série, alors que je me battais avec une boucle while qui refusait de s'arrêter.
Le langage a bien changé depuis la sortie de Python 3.0 en 2008, devenant plus accessible, plus humain. C'est ce qui m'a permis de tenir. Si j'avais dû apprendre un langage trop rigide, j'aurais jeté l'éponge dès le mois de décembre. Pour la suite, je garde dans un coin de ma tête l'idée d'explorer d'autres horizons, peut-être la formation JavaScript pour voir des choses bouger sur une page web, ou même la formation Cisco si un jour je veux comprendre ce qui se passe vraiment dans les câbles de mon routeur. Mais pour l'instant, je reste fidèle à mes lignes de code Python.
Si vous hésitez à vous lancer parce que vos horaires sont imprévisibles, mon seul conseil est de ne pas viser la perfection. Une ligne de code entre deux siestes après une garde de nuit, c'est déjà une victoire. Si vous voulez un point de départ qui ne vous assomme pas de théorie complexe, la Formation au langage Python est vraiment ce qui m'a permis de ne pas refermer mon ordinateur définitivement lors de cette fameuse soirée pluvieuse de novembre. On n'apprend pas à coder pour devenir un génie, mais pour se prouver qu'on peut encore apprendre de nouvelles langues, même quand on pense avoir déjà la tête pleine.